Chapitre I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX, X, XI, XII, XIII, XIV, XV.
Page consacrée à Gustave Aimard.
Grâce aux efforts continus d'un internaute, nous pouvons débuter aujourd'hui la mise en ligne du texte d'un second roman de Gustave Aimard et Jules Berlioz d'Auriac. L'oeuvre est parue en 1878, à Paris, chez Degorce-Cadot. Il semble qu'elle ait également été publiée sous le titre d'Un duel au désert. Il est également possible qu'elle ait été éditée auparavant sous le seul nom de Jules Berlioz d'Auriac, et qu'elle l'ait été par la suite sous le seul nom de Gustave Aimard.
Comme c'était le cas pour Jim l'Indien, il existe de forts soupçons quant à la paternité de cette oeuvre. Il s'agit sans doute encore de la traduction pirate d'une oeuvre américaine. Peut-être doit-on encore en chercher l'origine du côté des dime novels de Edward Sylvester Ellis (peut-être Red Eagle, A Tale of the Frontier, 1901), mais ce n'est pas certain. Si nous trouvons davantage d'informations sur cette oeuvre, nous les mettrons en ligne.
Ce qu'on peut d'ores et déjà dire, c'est que les thèmes abordés sont ceux qui étaient chers aux auteurs de dime novels: le motif du rapt de la femme blanche comme reconnaissance implicite de la supériorité des Blancs, la peur du Sauvage comme pulsion destructrice, la pacification du territoire associée au mythe du settler (que Gustave Aimard ne manque jamais de son côté de remettre en cause), plus généralement l'imaginaire de la colonisation du territoire comme une victoire sur la sauvagerie et le mal (dans le territoire et dans le coeur des colons) sont autant de thèmes que popularisaient les dime novels, et qui fondent le nationalisme américain. Mais, soit qu'il les ait importées, soit qu'elles aient correspondu à des préoccupations personnelles, on retrouve de telles préoccupations chez Gustave Aimard: chez lui, les sang-mêlé sont par exemple souvent tiraillés entre deux mondes qui leur sont tous les deux interdits, et le désir de la femme blanche est aussi une expression de cette condition de l'Indien à qui son monde, et donc aussi sa culture, n'a plus sa place dans ce nouvel espace; chez Aimard aussi, sous l'apparence d'un discours généreux, la vision de l'Indien s'accompagne d'un certain mépris et d'une répugnance pour le "sauvage". Cela vient aussi que cette problématique traverse tout l'imaginaire de l'Occident sur l'autre, tel qu'il se développera dans la grande époque du roman d'aventures coloniales (entre 1860 et 1920), chez A. E. W. Mason (The Broken Road), C. J. Cutcliffe Hyne (Adventures of Captain Kettle) ou, dans une formulation très particulière, dans The Call of the Wild de Jack London.